Prenez une poignée de vieux souvenirs, et jetez la en l'air.
Puis contemplez la chute des menhirs, dégringoler par terre.
Il est bien moins dangereux, comme Newton,
de l'expérimenter avec une pomme.
Mais bêtes et bienheureux, on se cantonne,
à ne demeurer que des hommes.
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Clic-clac. Cliquetis... Un tour de clé et la porte se referme. Derrière un coup d'interrupteur. Le monde extérieur se dissout, s'évapore. Sang foncé dans le cloaque... Transpirant le trac par toutes les pores.
Pourquoi ne m'est-il pas donné d'avoir les mots pour tout ce qu'il n'y a rien à dire? Soufre rance de silence qui matraque à vide. L'espace clos et figé t'entoure, immobile. T'enterre... Sous la ligne de mire.
Seul et sournois en fond, le sempiternel grésillement soudain de l'ami frigidaire effectue son insidieuse apparition. Ressasse inlassablement la fréquence heureuse de ses affres cancéreuses et solitaires. Sourde et sordide lituanie qui te tue la nuit -les nerfs... Nul ne peut alors te toucher sans t'avoir au préalablement rejoint.
On s'en jète par conséquent une nouvelle fois à l'eau. Puisque rien ne demeure plus qu'il n'en reste pas moins; et que tout s'écoule à flots. Il est impossible d'arrêter cette course infernale, interrompre le processus immoral. Hier encore se reflétait demain. Mais la souillure fait pâle office d'immondice lorsqu'on vient à se vautrer dans le vice. Ne cherchez pas à trahir ma griffe, elle est sans aucun doute piquée à vif.
Dans le dédale globulaire d'un labyrinthe déambule l'esprit, somnembule hermétique ou funambule somatique d'une lointaine nébuleuse lunaire. Vient à croiser Pierrot le fou au détour d'un couloir, son air enfariné et grimmé de noir. Il flotte dans un pyjama 90% polyester et s'est fondu sur le crâne un bonnet de bain style chambre-à-air. Ses yeux sont flous. Il est très vague...
Paraît qu'il est de tournée dans le coin, cherchant à dénicher potence ou guillotine dans les petites annonces intimes. C'est juste l'attente imminente du petit matin latent te minant déjà l'abîme. Le teint albâtre, il tend sa main. S'envole sans bague et vient, d'un léger revers aux arthritiques doigts fins, couler à fleur de joue. Ses ongles de nacre achevant de caresser leur chute en aval dans mon cou; les quelques larmes aériennes, douces et âcres, ruisselant les couleurs d'un carnaval éteint.
Il sourit... Pince son nez, lève un bras, et saute en arrière -pieds joints et paupières closes. Dans le néant sans néons. Je revêts mon scaphandre spécial hautes pressions, puis le suis. Car l'aube approche. Mort rose et grise, effet dolby surround dans l'église.
St-Pierre, ô gardien immémorable des clefs dorées, daigne accorder l'asile en cieux ouverts et éclairés. En escales liées, aliénées, gravissent une à une tes mares chuintantes les frêles brebis foudroyées. Dans les clairs de lune chatoyante continuent néanmoins nues à avancer. Vers ce qui attend... Caché... Derrière la porte. Haletant...
" le Cloporte Klauz" (nov.1997)
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Il est tard; et il fait si nuit... Le dernier des saints s'en est parti. La peur du cafard?
En proie au chagrin.
Les chiens hurlent sur le rivage; ils tapent des ailes et battent des mains.
Les anges, eux, se lèchent l'échine en nage, puis finissent de tomber dans le ravin.
Tout celà semble irréel, demeurant au séant impossible. Et pourtant... Que s'est-il descellé dans la pierre du temps, irréversible; est-ce une porte -ou bien une trappe?
Où est passé le côté du mirroir, désaxé sur son tranchant? -Aiguisé.
Au loin gronde la noire cohorte -ne pas penser si elle nous rattrappe... Déguisés.
Qu'adviendra-t-il du château de cartes s'effondrant dans un cul-de-sac?
Le nord n'est plus là où je le croyais.
Demain se dérobe sous mes pieds.
La lune vient encore à apparaître que je voudrais en son sein,
froide et pâle corolle d'ether, disparaître. Loin des cieux et de leurs desseins,
quitter la morte surface des terres.
Emporté dans les obscurs tréfonds des flots.
Serrant son coeur au creux des mains, encore palpitant et chaud. Encore...
(nov.1997)
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...La forêt est dense, épaisse et sombre. Nul sentier ne s'éclaire ci-bas en sous-bois. Monde-Humus; ombres cachées. De la vie, nos sens. Ceint en son coeur cette clairière. Douces heures calmes où circule l'air; en son centre tourbillonne. Syphonne.
Ecrasé sous un ciel plutonium. La nuque brisée en arrière; les yeux levés -boutonnés.
Fixant si haut dans les cieux élevés un aigle si libre. Surfant à l'aise sur les courants invisibles. Froids et chauds. Loin au-dessus de nos têtes, des arbres et leurs faîtes; par-delà les cîmes enneigées des pics montagneux. Son nid quelque part perché sur un escarpement rocheux. -Périlleux.
Que d'étranges images peuvent passer sous un chapeau usé, élimé -troué. Planté là, au milieu de la sphère. Attaché. Les bras ouverts en croix, et le buste droit. Empaillé. Cerné du bruissant regard des anciens esprits sylvains. L'atmosphère s'affale et se resserre. L'aigle est parti. Sans doute la journée touche-t-elle à sa fin.
Décoiffe soudain une violente rafale; souffle acéré ou vent d'hiver? La tête s'arrache, s'envole et roule par terre. Plus un bruit...
Seuls quelques brins de paille, portés aux quatre coins,
témoigneront la mort de l'épouventail, déboussolé au loin.
(oct.1996)
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"Suintantes Oscillations dans la Sainte Souillure"
(FHcd011-2004)